Un chat à poil court, qui existe dans une très grande gamme de couleurs. C’est un animal d’allure élégante, avec des lignes souples. Il est robuste, fort, bien musclé, doté d’une poitrine large, mais pas ramassé. L’apparence générale n’est jamais celle d’un chat adipeux et lourd. L’European Shorthair est beau par sa « normalité » et non à cause d’une quelconque originalité. Chez l’European Shorthair, tout doit être harmonieux, sans excès. Le physique de ce chat n’a rien de spectaculaire et paraît bien ordinaire par rapport à la majorité des autres races. Le standard de l’European Shorthair a été élaboré à partir des caractéristiques les plus communément rencontrées chez le chat domestique européen. Le standard appliqué par le LOOF est élaboré à partir de celui de la FIFe qui précise : « l’European Shorthair idéal est supposé n’avoir jamais été croisé avec une autre race ». L’European Shorthair est le plus glorieux fils du « chat commun domestique ». Il est l’héritier d’un passé lointain et appartient à une race féline pure et extrêmement ancienne. Les naturalistes du XVIIIème siècle, Linné et Buffon, ont nommé le chat commun domestique « Felis catus domesticus » et il fut reconnu comme une race de chat. Dans son histoire naturelle, le naturaliste français Georges Louis Leclerc de Buffon le présente aux côtés du chartreux et de l’angora. Un dessin de cette encyclopédie le représente juché sur une table, dans une cuisine, près d’une grande cheminée. Il possède une robe bicolore à poil court. Depuis une trentaine d’année j’élève très modestement ce chat et j’essaye de rassembler le plus de documentation possible au sujet de cette race. Le journalisme spécialisé et parfois plein de contradiction et l’élevage du chat est récent et se cherche. Selon les articles parut sur l’European Shorthair, plusieurs dates ont été émises à propos de la reconnaissance de cette race et de son nom de baptême. Les années 1925, 1932, 1971, 1983 ont été avancées. Mais le premier standard du chat European Shorthair aurait été établi par la Fédération Internationale Féline (FIFe) en 1932 et remanié en 1983, pour bien le différencier de son cousin anglais le British Shorthair. Car pour ce qui concernent les chats de races en France, il existait jusqu’à 1999 (avant la création du LOOF) de nombreux livres d’origine. Les divers clubs félins de France ne se basaient pas sur les mêmes standards. Dans plusieurs clubs l’européen était très souvent assimilé pendant les expositions au British Shorthair, dont l’élevage était plus avancé. Beaucoup de juges ne faisaient pas la différence entre British Shorthair et European Shorthair. Ils jugeaient l’European Shorthair selon le standard du British. Il régnait une certaine confusion entre le British et l’European Shorthair mais aussi entre British bleu et Chartreux. On nageait dans la confusion la plus totale. Depuis la création du LOOF les choses sont rentrées dans l’ordre. Le standard de l’European Shorthair n’a pas été modifié dans ses grandes lignes depuis le premier.
Bien que l’une des races la plus vieille au monde et reconnue officiellement depuis plusieurs année par différentes instances félines, l’European Shorthair a un énorme problème d’identité dans notre pays. Ce chat à beau être devenu le premier animal de compagnie en France il reste toujours infime comme animal de race. Les races de chiens sont en général bien connues par un grand nombre de personnes ce qui n’est pas le cas des races de chats. Les termes de « bâtard » (animal dont l’un des parents seulement est de race) et de « corniaud » (animal dont aucun des parents n’est de race), qui sont d’un usage classique en cynotechnie, n’ont pas d’équivalent en félinotechnie. L’expression « chat de gouttière » est peut-être le terme le plus commun pour signifier le chat sans race. Mais on l’appelle aussi chat des rues, chat communs, chat domestique, … Dans le monde félin, on le nomme « chat de maison » il bénéficie d’une catégorie particulière. Ce qui compte, c’est sa présentation générale. Il n’y a pas de standard pour le chat de maison, tout lui convient, contrairement au chat de race. Fruit de mariages non programmés, de part le brassage de ses gènes, un être tout à fait unique. Il peut apparaître avec une touche de fantaisie non permis chez le chat de race. Toutes les allures et toutes les dégaines lui sont permises. Comme j’aime beaucoup les chats et particulièrement l’européen je ne manque pas de porter mon attention sur les chats ou « chats domestique européen » que je peux rencontrer. Depuis 1983 j’ai noté les observations que j’ai pu faire en France et à l’étranger sur les chats communs non sélectionnés, vivant à l’état naturel c’est à dire se reproduisant au milieu de populations de chats ou l’homme ne surveille pas les accouplements. Les observations que j’ai pu faire sur les chats non sélectionnés est qu’il regroupe, une vaste catégorie de chats aux morphologies variables. Tantôt trapu, tantôt longiligne il n’y a pas de standard pour le « chat de maison », tout lui convient, des poils longs, une robe colourpoint, noire avec un médaillon blanc, des yeux ronds ou ovales, de couleurs bleu ou vert, des oreilles pointues, arrondies, grandes ou petites, etc., contrairement à l’Européen Shorthair.
Les Français ne connaissent que très peu cette race de chat. Dans l’hexagone le terme « European Shorthair » signifie encore, aux yeux d’un public pas très averti, « un chat sans race ou chat de gouttière». Fait aggravant, la plupart des vétérinaires (beaucoup de vétérinaires inscrivent sur les carnets de vaccination et les cartes de tatouage « chat européen » pour désigner n’importe quel chat communs) et associations de protection animale, voire des média, ont abusivement qualifié d’Européen tous les chats n’appartenant à aucune race précise ; ceci a créé dans l’esprit du public un amalgame, bien difficile à corriger malgré le travail de communication réalisé par les éleveurs d’Européens et quelques clubs au cours de manifestations félines. L’utilisation du terme « chat de race » pour un chat sans pedigree est considérée comme une tromperie par les tribunaux. Les chats sans pedigree, même issus de parents ayant un pedigree, ne peuvent prétendre qu’à l’appellation de chat de « type » Persan, Siamois, Européen, etc. D’un point de vue législatif, il est très simple de définir un chat de race. Aujourd’hui en France la loi définit comme chat de race, tout chat inscrit au LOOF ou sur un livre d’origine étranger reconnu par le celui-ci. En effet, la loi du 6 janvier 1999, définit par l’article 276-5 ces termes en indiquant : « Ne peuvent être dénommés comme chiens ou chats appartenant à une race que les chiens ou chats inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministre de l’agriculture. Le seul livre d’origine reconnu par le ministère de l’agriculture est le Livre Officiel des Origines Félines (LOOF). En d’autres termes, ne peuvent être dénommés comme chat de race uniquement les chats possédant un pedigree. Le résultat de cette confusion est que les amateurs d’Européens en France restent bien peu nombreux. L’Européen a bien du mal à émerger en tant que race sélectionnée et travaillée.
En France certains passionnés, de cette race pensait qu’il fallait le rebaptiser. En Italie par exemple, certains livres d’origine l’appellent Celtic. Il porte pourtant à mon avis un nom qui correspond parfaitement à son origine géographique et historique. Le « chat domestique européen » est le plus ancien représentant félin sur notre continent, celui qui est depuis longtemps dans la mémoire des hommes. Il représente la race naturelle d’Europe de l’ouest. Jusqu’à à la fin du XVIIIème siècle, l’ancêtre de notre Européen était sûrement le seul représentant de la gent féline « domestique » connu des européens. En réalité, presque tous les chats dits « de race » descendent de ce chat. Il a servit à l’élaboration et permettra de créer de nouvelles races et variétés. Sans lui, bien des races n’existeraient pas. Il a était rebaptisé le premier janvier 2007 sous l’appellation d’EUROPEAN SHORTHAIR au lieu d’EUROPEEN. Nous espérons que ce changement de nom aidera les gens à mieux faire la différence entre le chat de race répondant à un standard très précis et le gouttière, mais rien n’est gagner. Il est vrai qu’a première vue, l’European Shorthair peut parfois ressembler à certains chats que l’on peut voir dans la rue, qualifié de « gouttière » par beaucoup. Il est vrai qu’être conforme à un standard n’est pas le souci d’un chat commun domestique ou de gouttière. Ce chat est son propre généticien. Il naît du hasard des mariages non contrôlés. La plupart des propriétaires ne savent pas qui est le ou les mâles qui ont sailli leurs chattes. Pourtant, parfois naissent de ces portées des sujets qui présentent toutes les caractéristiques de la race de l’European Shorthair, même s’ils ne sont pas sélectionnés (selon certains critères de beauté) et doté d’un pédigrée. Beaucoup de race de chat peuvent être victime de contrefaçons par le biais de chat de gouttière. On peut trouver ainsi des chats au pelage bleu, court avec des yeux jaunes, des chats avec le poil mi-long tabby ou blanche, des chats avec des yeux bleus et une robe colourpoint, mais attention, ce ne sont pas des Chartreux, des chats des forêts norvégiennes, des Sibérians, des Angoras ou des Thaî. Un chat de maison noir peut très bien ressembler a un bombay ou a un British noir mais n’en ai pas un. Il en est de même pour l’European-Shorthair. L’European Shorthair est une race de chat à part entière reconnue par le LOOF (donc doté d’un pédigrée) qui répond à des critères précis dictés par son standard comme un Persan, Siamois, Chartreux, ….
La première différence entre le « Chat commun domestique » et l’European Shorthair, c’est la sélection. Grâce à la sélection, la couleur des yeux, les desseins de la robe, la texture du poil, etc., vont être maîtrisés pour se rapprocher le plus possible du standard. L’European Shorthair est le fruit d’une sélection réalisée par quelques éleveurs amateurs à partir de chats domestiques. L’élevage sélectif ne débuta qu’en 1960 en Europe du Nord. La Finlande revendique être la première nation du continent européen à avoir valorisé l’European Shorthair, en préservant la pureté de la race. Les éleveurs Finlandais disent que l’European Shorthair doit ressembler au chat domestique originel (celui décrit par les premiers Naturalistes).
Depuis une trentaine d’année, j’élève et je présente en exposition des European Shorthair. C’est une race de chat (Selon la définition de la législation Française) extrêmement rare sur notre territoire. Le nombre de chats disponibles à la reproduction est très faible. Il n’y a pratiquement pas d’éleveur en France. Aujourd’hui la seule solution est d’aller chercher des reproducteurs à l’étranger. Dans les pays de l’Europe du Nord, l’European Shorthair est mieux représenté que chez nous. En Suède, il y a une quarantaine d’éleveurs qui travaillent leurs lignées avec beaucoup de sérieux. Mais dans plusieurs pays européens, il reste aussi rare qu’en France, voire totalement absent dans certains pays voisins. En tant que président de son club de race je pense que sa situation est très préoccupante en France. Ce chat est peut-être en voie de disparition. Son existence est menacée par les conditions de vie moderne. Dans le passé les personnes se déplaçaient très peu ainsi que leurs animaux domestiques. Avec l’arrivée de nouveaux chats de race à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, des croisements on eu lieu, et se faisant, cela lui fait perdre ses caractéristiques principales du chat commun domestique en France. Les types très variés (poil long, variétés colourpoint, etc.) que l’on peut observer chez le chat commun domestique français, sont peut-être le signe d’une perte d’identité. Le chat commun domestique des pays scandinaves Norvège, Suède, Danemark; Finlande, ainsi que l’ancienne RDA, aurait moins souffert de ces croissements. Les frontières de ces pays ont longtemps été fermées aux importations de chats de race avec de lourdes quarantaines. Elke Frehse, juge internationale et passionnée de la race me disait qu’il y avait en France de moins en moins de chat commun domestique correspondant au standard de l’européen dut à des croisements avec des siamois, norvégiens, persans, etc.
L’engouement du public va souvent aux races qui sortent de l’ordinaire. Certaines races de chats peuvent émerveiller soit par leur taille, tel le Maine-Coon, soit par la diversité de leur système pileux (rex, devon, Persan,…) ou encore par les caractéristiques de leurs oreilles (scottish ou …). A l’opposé, l’European Shorthair affiche un look bien plus conventionnel. Il est bien sûr louable de se soucier des races étrangères, mais nous devons quand même ne pas oublier les races de notre pays. L’European Shorthair a des qualités indiscutables, un rôle de premier plan à jouer. Gageons qu’il saura s’imposer au plus vite, prouvant par la même que la suprématie des races venues des quatre coins du globe n’est pas inéluctable. Le père des chats est en danger. Son patrimoine génétique risque de disparaître. L’European Shorthair ne doit pas disparaître car il appartient à notre histoire. Il devient donc important d’attirer l’attention sur cette race et d’en encourager la sélection et l’élevage dans le strict respect des directives imposées par son standard. Son élevage doit être fondé sur le fait que c’est un chat robuste, souple et qui n’est pas différent, du point de vue anatomique, du chat domestique européen. Si je me suis fixé comme objectif d’élever des European Shorthair, c’est parce que j’adore le «look naturel». Mais ce n’est pas un chat banal, c’est un chat presque sauvage dans certaines variétés. Il doit conserver ses caractéristiques originelles, et ne pas céder à la fièvre d’un « sur-type ». Toutes les couleurs sont reconnues sauf les colourpoint, chocolat, lilac, cinnamom,et fawn. Une chose est sûre : cette race que j’adore m’a fait perdre plus d’argent que n’importe quelle autre. On achète rarement un European Shorthair, mais c’est un aspect de la question qui n’arrête pas le défenseur d’une race. Je suis un passionné chez qui le mot « rentabilité » n’a que très peu de signification. Quand on élève des European Shorthair, on renonce a l’attrait du gain, seul l’honneur d’être son éleveur est le meilleur des gains. Sans lui, bien des races n’existeraient pas. Il a servit à l’élaboration et permettra de créer de nouvelles races et variétés..Au début de ce siècle, il serait bien, je crois, de redonner sa notoriété à ce chat. On doit avoir à cœur de conserver cette race rare et même de chercher à la perfectionner, « même si le public ne se bouscule pas au portillon ». Je suis malgré tous optimiste. Qui sait ? Il deviendra peut-être un jour du meilleur goût de posséder un European Shorthair. Espérons qu’il deviendra le favori de tous les européens.
L’européen n’est pas reconnue aux Etats-Unis, ni en Angleterre.
ENTRETIEN
L’European Shorthair jouit plutôt d’une bonne santé. Il est résistant. Pas de pathologies particulières répertoriées de la race.
L'European Shorthair appartient à une race qui nécessite peu d’entretien. Les chats prennent généralement soin de leur fourrure sans aucune aide extérieure. Il n’a pas d’entretien particulier, un brossage hebdomadaire suffit.
Tout ce qui concerne les European Shorthair m'interesse. Tous renseignements nouveaux seront les bienvenus. N'hésitez pas à me contacter !
Pour plus d'informations concernant l'European Shorthair, visitez le site de l'association :
CERCLE DES AMIS DE LA RACE EUROPEAN SHORTHAIR (C.A.R.E.S)
http://monsite.orange.fr/cares